Association Histoire et mémoire ouvrière en Seine-Saint-Denis

>> Valoriser lhistoire et la mmoire du mouvement ouvrier en Seine-Saint-Denis.

Vous etes ici : Accueil » Notices biographiques » Élus de Seine-Saint-Denis

>>BERTHELOT Marcelin

Né le 9 octobre 1927 à Thorailles (Loiret), mort le 18 septembre 1997 à Paris. Ouvrier électricien. Membre du secrétariat fédéral du PCF. Député de Seine-Saint-Denis : 1968 – 1978 et 1988 – 1993. Maire de Saint Denis (Seine-Saint-Denis) : 1971 – 1991.

Né dans une famille d’ouvriers agricoles, marié et père de deux enfants, il travailla dans une ferme après son certificat d’études dès l’âge de douze ans. Il adhéra au PCF en 1944, vint à Paris en 1946 et travailla aux Halles, puis entra comme ouvrier en 1951 à la centrale électro-thermique de Saint Denis où il se fixa. Il siégea à la commission exécutive du syndicat parisien de l’Eclairage.

A partir de 1957, il consacrait toute son activité au parti communiste dont il devenait permanent. D’abord secrétaire de la section de Saint Denis et membre du bureau fédéral de Seine nord-est jusqu’en 1962, il passait alors au secrétariat fédéral et était chargé des cadres. Il y resta jusque en 1970, la fédération étant devenue celle de Seine-Saint-Denis. De 1970 à 1988, il resta membre du bureau fédéral. Il avait suivi en 1961 une école centrale du parti de quatre mois.

En 1959, il était élu septième adjoint et en 1965 sixième du maire de Saint Denis Auguste Gillot auquel il succéda en 1971. Après avoir été suppléant du député Fernand Grenier en 1967 dans la deuxième circonscription de Seine-Saint-Denis, il en fut élu député de 1968 à 1978. Non représenté par la fédération à cette date au profit de Pierre Zarka, il fut cependant réélu de 1988 à 1993 et fut membre de la Commission et des Echanges. Il siégea aussi au conseil régional d’Ile-de-France de 1976 à 1978.

C’est à la grande cité ouvrière de Saint Denis qui perdait alors son activité industrielle que Marcelin Berthelot voua l’essentiel de son énergie. Il entreprenait autour de la basilique une vaste rénovation du centre ville très vétuste, encourant alors de certains le classique reproche d’avoir « bétonné » la ville. Il s’en défendait en arguant qu’il avait remplacé 1 600 logements insalubres par autant de logements neufs.

Dans les années 80, Marcelin Berthelot devenait de plus en plus critique envers certains aspects de la politique de son parti. En 1985, il blâmait publiquement l’action musclée de certains élus du département contre le président Mitterrand venu inaugurer à Saint Denis de nouveaux bâtiments de l’école de la Légion d’Honneur. En 1989, lors de la chute des régimes communistes de l’Europe de l’Est, particulièrement celui de Roumanie, Marcelin Berthelot s’engagea dans une réflexion sur les rapports du socialisme et de la liberté dont il faisait part aux Dyonisiens. Il devenait ainsi une des figures des communistes « refondateurs ». En 1991, il renonçait volontairement à la mairie de Saint Denis et parvenait à imposer Patrick Braouezec comme son successeur contre le choix initial de la section communiste. Resté conseiller municipal, il manifesta son hostilité au projet de grand Stade soutenu par la municipalité et démissionna pour cette raison du groupe communiste en octobre 1993.

Il fut fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1984. Revendiquant toujours son origine ouvrière et sa fierté d’administrateur d’une ville de banlieue, il avait refusé des manifestations officielles pour ses obsèques qui eurent lieu à Châtillon sur Loire, un village du Loiret.

Nadia TENINE – MICHEL

Sources : Service de documentation de l’Assemblée nationale. AD Seine-Saint-Denis : 16 W 25. Arch. du Comité central du PCF. Libération 10.06.1988. L’Humanité 22.11.90 (et dossier de ce journal ). Le Monde 05.04.91. Hommage de Patrick Braouezec au conseil municipal du 27 septembre 1997. Roger Bourderon et alii : Histoire de Saint Denis. Toulouse. Privat. 1988. Roger Bourderon : notice du Dictionnaire des gaziers – électriciens. Editions ouvrières. 1996.

AHMO 2008-2010